
Saint Médard, l'un des plus illustres prélats de l'
Eglise de France, était né vers l'
an 457 à Salency, village de Picardie qui a obtenu dans le
XVIIIème siècle une grande célébrité par l'institution de la fête des Murs. Sa mère, femme d'une haute naissance et d'une rare piété, l'éleva dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes et l'envoya à l'école de
Vermand (
Augusta Verumanduor), aujourd'hui St-Quentin, où il fit de grands progrès dans les sciences. Il visita ensuite la cour du roi
Childéric Ier qui faisait sa résidence à Tournai ; mais loin d'être ébloui par les pompes et les grandeurs du monde, il soupirait après la retraite ; et ayant fait approuver à ses parents le dessein qu'il avait formé de se consacrer à
Dieu, il reçut les ordres sacrés et se dévoua tout entier au pénibles fonctions du saint ministère. Il parcourait sans cesse les campagnes, portant des secours et des consolations à des hommes encore barbabres qu'étonnait tant de bonté.
Alomer, évêque de Vermand, étant mort en 530, Médard fut élu son successeur. Quelque temps après, son diocèse fut ravagé par les
Huns et les
Vandales ; la ville de
Vermand fut ruinée de fond en comble, et le saint prélat fut obligé de transférer le siège épiscopla à Noyon, où il est resté. Les habitants de Tournai, ayant perdu leur pasteur, demandèrent
saint Médard pour lui succéder ; mais il ne voulut point abandonner le troupeau que la Providence lui avait confiée : saint Rémi, son métropolitain, l'engagea cependant à se charger de l'administration des deux diocèses, qui ont été unis sous un même chef pendant 500 ans.
Saint Médard visita la Tournaisis, dont les habitants étaient encore plongés en partie dans les ténèbres de l'idôlatrie, et il réussit à les convertir à la foi
catholique. De retour à Noyon, il y fut visité par le roi Clotaire, qui voulut en partant recevoir sa bénédiction ; et il mourut peu de temps après, en l'
an 545, dans un âge très avancé. C'est à lui que l'on attribue la fondation du prix de vertu distribué annuellement à la
rosière de Salency, et à l'imitation duquel on a créé de nos
jours d'autres établissements du même genre.
Le saint prélat eut la satisfaction de couronner lui-même sa sur, jugée digne du
chapeau de
roses ; et on a longtemps conservé dans l'église de Salency un tableau où cette action était représentée. On en excipa devant le parlement de
Paris pour établir à qui était due la prérogative de ceindre le front de la rosière. Les
reliques de
saint Médard furent transportées par ordre du roi Clotaire à
Soissons, où il faisait sa résidence, et déposées par la suite dans une
abbaye qui a acquis une grande célébrité. L'
Eglise célèbre sa fête le 08
juin. La
Vie de St-Médard a été écrite en prose et en vers par Venance Fortunant (publiée par d'
Achery,
Spicileg., tome 8), par Radbod, l'un de ses successeurs, etc. On peut consulter les
Vitæ sanctorum de
Bollandus, Baillet, Godescard et les autres hagiographes.
(Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 27 - Pages 461-462)