
Saint Gilles, Grec de nation, et peut-être d'Athènes même, était-il né au commencement du VIème siècle ou seulement en 640 ? Cette question a partagé les savants.
Bollandus et un érudit plus moderne ont donné de fortes raisons à l'appui de cette dernière opinion ; il est d'ailleurs nécessaire qu'elle soit fondée pour trouver le titre de propriété des vastes et riches domaines qui furent, pendant onze cents ans, le patrimoine des successeurs du pieux ermite.
Le roi
visigoth Wamba, l'ayant découvert par hasard, en l'an 673, au fond d'une grotte, lui donna, dit-on, l'immense territoire au milieu duquel le saint bâtit bientôt une église et un
monastère. Il s'était renfermé, trois ans avant la rencontre de Wamba, dans la caverne où: il fut trouvé par ce prince, après en avoir passé deux auprès de l'évêque d'
Arles, et s'être formé aux austérités de la vie solitaire, sous les leçons d'un
anachorète établi sur les
bords du Gardon dans un désert du diocèse d'Uzès.
Pour se soustraire à la juridicion de l'ordinaire, et ne reconnaître que celle du Saint-Siège, Gilles lui donna son
abbaye ; et le pape
Benoît II ne manqua pas de la déclarer indépendante de toute puissance séculière, privilège que plus tard les moines surent si bien faire valoir contre les comtes de Toulouse.
Mais du vivant du fondateur, la
bulle du Saint Père n'avait pas
été respectée par les Sarrasins. Gilles se vit obligé, à leur approche, d'aller chercher un refuge auprès de
Charles Martel. Cependant les infidèles ayant été défaits par Eudes, le saint revint dans son abbaye, et eut du moins la satisfaction d'y mourir ; ce fut le 1er septembre 721. Les miracles se multiplièrent sur son tombeau, ils attirèrent les pèlerins en foule ; et il s'éleva en peu de temps autour du monastère une ville considérable, dont les habitants changèrent en une contrée riante et fertile les
bois et les marais que les moines tenaient de la libéralité de
Wamba.
(Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 16 - Page 458)